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22 de mayo de 2013 | | | | | | | |

Pas de Répit pour l’Accaparement des Terres en Ouganda

Entreprises et Gouvernement, Main dans la Main dans le Business de l’Huile de Palme

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Une investigation récente de l’organisation les Amis de la Terre International démontre le rôle des entreprises Wilmar et BIDCO dans un projet de culture d’huile de palme à Kalangala, district situé sur l’île de Bugala sur le lac Victoria, en Ouganda. Ce projet s’inscrit dans un programme gouvernemental, avec le soutien du Fond International pour le Développement de l’Agriculture (FIDA), une agence des Nations Unies, ainsi que de la Banque Mondiale. Près de 3 600 hectares de forêts ont déjà été détruits, affectant l’environnement et le mode de vie des populations rurales.

«BIDCO n’a pas acheté les terres directement aux communautés. Le gouvernement les a achetées pour les entreprises, ce dernier est donc plus que jamais impliqué dans le projet», nous confie David Kureeba, militant des Amis de la Terre-Ouganda, et agent de projet pour la biodiversité au sein de l’association nationale des professionnels de l’environnement.

Ce phénomène d’accaparement des terres se produit sous un double effet : premièrement, les gouvernements concernés veulent augmenter leur production domestique en cultures vivrières et énergétiques.

«Le gouvernement cherche à accroître le PIB, en pensant que cela va bénéficier aux communautés, quand en réalité cela ne favorise que les entreprises.»

En outre, les leaders de l’agro-industrie désirent eux, étendre leurs opérations et leurs profits, de manière toujours plus rapide et rentable. Mais il existe d’autres causes à l’accaparement des terres, tels que certains projets de conservation de l’environnement mis en place à l’échelle internationale, comme le mécanisme de réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts dans les pays en Développement (REDD), qui stimule la création de crédits carbone, et ainsi un «accaparement écologique» des terres. Par exemple, puisque les plantations sont inclues dans la définition officielle des forêts sur le plan international, les terres boisées sont remplacées par des plantations d’arbres (ici, le palmier à huile) visant à générer des crédits carbone pour les entreprises.

Tout cela produit de sérieuses conséquences, comme les déplacements de populations, qui affectent les coutumes locales et mènent à de nombreux conflits au sujet des terres agricoles, ainsi que la destruction de la biodiversité. Ceci est le résultat de la déforestation, ou de la plantation d’espèces végétales étrangères, qui sont les causes d’une insécurité alimentaire accentuée par la réduction des vivres, elle-même à l’origine de la montée des prix. En résultent également de graves problèmes de santé (exposition aux produits agrochimiques, augmentation de la prostitution à Kalangala du fait de l’affluence des migrants, et donc explosion des cas de VIH/SIDA.
Les communautés locales n’ont été ni informées ni consultées au sujet du projet, et la justice nationale échoue à intervenir.

«Beaucoup de ces projets sont d’origine gouvernementale, ainsi, en appeller à la justice est impossible».

Certains petits producteurs ont été forcés de vendre leur terre, après avoir planté des arbres à huile de palme, car ils n’étaient pas en mesure de financer les engrais ou autres produits nécessaires. Ainsi, sans pouvoir tirer de revenus de l’huile de palme, et privés de terre pour cultiver leurs vivres alimentaires, ils ont généralement peu d’autre option que celle de vendre. Les conséquences de tout cela sont ainsi l’insécurité alimentaire et économique, le manque d’accès aux principales sources d’énergie, mais aussi la création d’un travail non légalisé et sous-payé, principalement occupé par des hommes.

«Le gouvernement répond à ces effets par la promesse de création d’emplois. Mais la majorité des gens qui travaillent dans les plantations ne viennent pas de Kalangala».

Si l’on considère les principaux bailleurs de Wilmar International, en Europe et aux USA, qui sont surtout financés par des actionnaires, des prêts bancaires et des crédits commerciaux à court-terme, les pays «du Nord» doivent prendre en compte leur propre responsabilité dans ce phénomène d’accaparement des terres, qui frappe de manière dramatique les pays en Développement.

Photo : http://www.oilwatchafrica.org/

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